
La Martinique accueillera cette année la cinquième édition des Rencontres territoriales de la protection de l'enfance. Un cap qui confirme la place durablement prise par ce rendez-vous dans le paysage : celui d'un temps dédié aux professionnels de la protection de l'enfance ultramarine, pour croiser les regards sur leurs pratiques, partager leurs expériences de terrain et donner à voir des initiatives qui, souvent, méritent de rayonner au-delà de leur territoire d'origine.
Depuis la création du Réseau Outre-Mer Enfance Jeunesse Famille en 2019, la direction de la protection judiciaire de la jeunesse (DPJJ) en est un partenaire fidèle. Elle contribue, édition après édition, à faire de ces journées un espace de réflexion partagé sur les problématiques propres à l'Outre-mer en matière de protection de l'enfance.
Cet évènement permet par ailleurs à la DPJJ de venir témoigner de son action en matière civile et pénale, en Hexagone et en Outre-mer. Le court-métrage du projet Jeunesses d'Autres Mers, qui sera diffusé lors de l’évènement et dont la DPJJ a soutenu la réalisation, illustre les difficultés communes à ces deux pans d’action publique dans les territoires ultramarins. La DPJJ s’attache à répondre à ces enjeux par son engagement quotidien, ses directions territoriales étant pleinement mobilisées pour accompagner les mineurs, leurs familles et les professionnels.
Les différentes séquences inscrites au programme de ces Rencontres font ainsi écho aux préoccupations actuelles de la protection judiciaire de la jeunesse, à l’image de l'intitulé retenu pour cette édition. « Vulnérabilités plurielles, acteurs multiples : les défis de la coopération dans l'intérêt de l'enfant », cette thématique traduit une réalité que nul ne saurait ignorer. Les jeunes suivis présentent fréquemment plusieurs facteurs de vulnérabilité conjugués, ce qui suppose, pour y répondre efficacement, une action concertée de l'ensemble des acteurs intervenant à leur bénéfice.
Ce constat est connu de la DPJJ qui lui consacre une attention soutenue et régulière. À cet égard, l'une des recherches conduites par la DPJJ en 2025 met en évidence que les jeunes qu'elle accompagne présentent, à l'instar de ceux suivis par l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE), des indicateurs de santé sensiblement plus dégradés qu'en population générale, qu'il s'agisse de la prévalence des maladies chroniques, des limitations et handicaps, ou des tentatives de suicide. Les mineurs accompagnés par la PJJ dans un cadre pénal sont pour la plupart des jeunes aux vulnérabilités multiples, souvent proches de ceux suivis par l’ASE. D’ailleurs, nombreux sont les mineurs PJJ qui ont fait l’objet d’un suivi en assistance éducative.
De par ses missions, la DPJJ assure une fonction d'articulation entre les différents acteurs de la protection de l'enfance. Elle fait le lien entre le monde judiciaire, auquel elle appartient, les services de l’État et les conseils départementaux, notamment à travers la mise à disposition de personnels, sa participation aux instances de gouvernance nationales et locales, et l'offre de formation de son École nationale de protection judiciaire de la jeunesse (ENPJJ).
La multiplicité d’acteurs et la convergence des publics appellent une coopération structurée et pérenne car aucune institution ne peut, seule, répondre à l'ensemble de ces enjeux. C'est ce que permet cet évènement : offrir un cadre propice à ce travail en symbiose, pour relever, ensemble les défis, dans l'intérêt supérieur des mineurs vulnérables qui nous sont confiés.
Cinq éditions, c'est un cap qui témoigne de la vitalité de ce rendez-vous et de l'engagement de celles et ceux qui, année après année, le font vivre. Je serai attentif aux projets et aux pistes de travail qui naîtront de ces échanges, tant je sais la richesse qu'apporte la mise en commun des expériences de terrain. Cet engagement, je le connais et je le salue : celui de professionnels qui œuvrent chaque jour à l'amélioration de la prise en charge des jeunes qui leur sont confiés. Je me réjouis de vous y retrouver en novembre.



