Plénière 4 - La boussole éthique de l’accompagnement au service du ressourcement des pratiques professionnels

5 nov. 202609:00 - 10:30

Depuis plus de 15 ans Bertrand Hagenmüller travaille, en tant que sociologue et réalisateur, sur la question de l’accompagnement des vulnérabilités dans le secteur social et médico-social, particulièrement en protection de l’enfance. Ces différentes expériences l’ont amené à développer une « boussole éthique de l’accompagnement », philosophie au service d’un ressourcement des pratiques éducatives. La boussole éthique n’est pas une tentative d’uniformisation ou de protocolisation mais un outil pour tenter de redonner du sens partagé autour de quatre axes principaux : - La culture du pouvoir d’agir des personnes concernées et des professionnels. L’enjeu est ici de rappeler qu’avant d’être « acteur », les personnes concernées aspirent bien souvent à devenir « auteur » de leur vie. Permettre à chacun d’écrire son histoire nécessite de repenser en profondeur les logiques de prises de décisions : écriture de rapports, participation aux synthèses… En miroir, face à la « crise des vocations » comment aider les professionnels à retrouver le sens et l’autonomie nécessaire pour quitter ressentiment et sentiment d’impuissance ? Leur permettre de s’appuyer davantage sur leurs ressources, leurs désirs et leurs savoir-faire professionnels et personnels ? - La culture du compagnonnage. Comment penser « l’accompagnement » en référence à son étymologie : l’art de partager le pain, ou dit autrement d’être « copains », compagnons de route ? Comment favoriser l’engagement affectif des professionnels quand cela est possible mais aussi repenser les manières de se rencontrer et de « faire-ensemble » : lieux de rendez-vous, modalités des entretiens, actions collectives… - La culture de l’ouverture. Il est ici question de favoriser le développement des solidarités autour des personnes concernées en cherchant méthodiquement à établir avec leur entourage un « plan d’action concerté et partagé ». Les professionnels deviennent alors des « faiseurs de liens » dont le but est de créer ou recréer des solidarités actives. En parallèle, l’enjeu est aussi d’ouvrir la protection de l’enfance sur la société, contribuer à faire vivre une véritable « permaculture du social ». - La culture de l’expérimentation. Cet axe transversal doit être considéré comme celui qui « donne le nord », le cap essentiel sans lequel aucun autre n’est possible. Il s’agit d’assumer pleinement une logique d’action expérimentale, prendre des risques mesurés et partagés, développer l’audace collective pour faire bouger les lignes, repenser les postures et reconstruire les structures.

Animé  par

BH

Bertrand Hagenmuller

Réalisateur, sociologue

Sessions recommandées

4 nov. 2026
11:3012:30

Plénière 2 - Partages d'informations sociales/médicales : Rappel des fondamentaux juridiques pour une bonne coopération entre services

Description
Depuis 2007 la loi légalise le partage d’informations en protection de l’enfance tant pour évaluer des situations que de mettre en œuvre des actions de protection. Ce partage peut être tant interne qu’à l’égard des partenaires. De nombreuses instances (conseil de famille, commission d’examen de la situation et du statut des enfants confiés…), des documents (Projet pour l’enfant…) reposent d’ailleurs sur le partage pluridisciplinaire et pluri-institutionnel d’informations nominatives. 20 ans après la première loi invitant au partage d’informations en protection de l’enfance, quel bilan peut-on tirer ?